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02 mar
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Meeting national de François Hollande à Lyon

Posté par: Gérard Collomb    Tags:  François Hollande, lyon, Présidentielles    Le:  mars 2, 2012




François Hollande a choisi Lyon pour tenir l’un de ses plus grands meetings nationaux. Voici le discours que j’ai prononcé en ouverture de cette rencontre qui a attiré plus de 12 000 personnes au Palais des Sports de Gerland.

:

Mes chers amis,

C’est un immense bonheur de vous accueillir aujourd’hui à Lyon pour cette campagne présidentielle avec François Hollande.

Vous le savez, en quelques mois, François a fait surgir une espérance qui se renforce chaque jour un peu plus.

Car ils sont de plus en plus nombreux celles et ceux qui appellent de leurs vœux sa victoire.

Ils sont comme nous d’histoire, de culture, de sensibilité différente mais ils partagent tous une même conviction : il est urgent de changer. Et la seule possibilité pour changer, c’est de voter François Hollande.

Oui, il faut changer,

Changer de politique, Changer d’équipe, Changer de Président.

Pour redonner à la France un nouvel élan. Car les Français éprouvent tous une immense déception par rapport au quinquennat qui est en train de s’achever.

Beaucoup avaient cru, il y a cinq ans, en cette promesse de rupture qu’on leur avait faite. On leur avait, alors, expliqué que ce qu’il manquait à la France, c’était une volonté, un enthousiasme, un engagement mais que c’était cela justement qu’allait leur apporter le mandat présidentiel permettant à nouveau d’ouvrir pour tous les perspectives d’une vie meilleure.

On allait voir ce que l’on allait voir.

Et bien, mes chers amis, on a vu.

Les Français avaient cru élire le Président du pouvoir d’achat. Ils en sont, aujourd’hui, à se serrer la ceinture en fin de mois, à rogner sur tous les budgets et pour beaucoup même, à se priver sur l’essentiel.

On leur avait dit qu’en libéralisant l’économie, on allait susciter la croissance, créer des emplois. Et en cinq ans, c’est un million de chômeurs supplémentaires. Pas une famille qui désormais ne s’inquiète pour le travail d’un père, d’une mère, d’un enfant, d’un parent, d’un ami.

Partout où ils portent leur regard, les Français voient un horizon assombri.

Une industrie dévastée : moins 350 000 emplois en cinq ans.
Un commerce extérieur dont le déficit prend des allures abyssales : 69 milliards l’an dernier quand l’Allemagne, dans le même temps, engrangeait 160 milliards d’excédent.
Une dette publique qui a grimpé de 65 à 89% du PIB avec un service de la dette, désormais plus important que les budgets cumulés de l’Education Nationale, des Affaires Etrangères et de la Culture.
Alors, direz-vous, pour Nicolas Sarkozy, la messe est dite, les carottes sont cuites. La page va se tourner.

Attention, Attention, vous le sentez, mes chers amis, ce n’est pas aussi simple.

Certes, le rejet est fort de la personnalité comme du bilan.

Mais cela, les stratèges Sarkoziens, l’ont désormais pleinement intégré.

Et comme ils savent que Nicolas Sarkozy est impopulaire, ils ont décidé de le changer.

Ce n’est plus Nicolas Sarkozy qui se présente contre François Hollande, c’est Sarkozy Nicolas. Et le produit, si je puis dire, est entièrement différent.

Celui là, le nouveau, il n’a plus rien à voir avec l’ancien !

Le premier allait déjeuner au Fouquet’s, le second, à la simple évocation de ce nom rosit de confusion.

Le premier adorait les yachts, le second, dans les confessions qu’il va – paraît-il – faire aux Français évoque tout juste un bateau, si possible petit, tout petit !

Le premier aimait les puissants, il disait que plus ils s’enrichiraient et mieux la France se porterait, le deuxième veut les taxer lourdement. Il veut supprimer leur retraite, j’allais dire chapeau !

C’est le nouveau Sarkozy, il n’aime que le peuple, il ne fréquente que le peuple. Dès qu’il a un moment de libre, c’est avec les salariés de Mittal, de Photowatt qu’il veut passer ses journées. Au point que c’est au petit matin qu’il est obligé d’aller au salon de l’agriculture.

Mes chers amis, je plaisante, mais, vous savez que je ne caricature qu’à peine.

En fait toute sa stratégie est aujourd’hui axée dans deux directions.

D’un côté, comme tous les cinq ans, on nous joue cette comédie du candidat de la rupture, celui qui n’a rien à voir avec le passé.

Nicolas Sarkozy, nous avait déjà fait le coup avec Jacques Chirac dont il était pourtant l’un des plus importants ministres. Mais cette fois-ci, il va plus loin. Car c’est avec lui-même que Sarkozy veut rompre.

Et de l’autre coté, on ratisse vers la droite extrême, d’où ces discours pour cajoler l’électorat Front National. Il suffit que Marine Le Pen parle de viande Halal pour que Nicolas Sarkozy se précipite à Rungis. Il est loin le temps où l’on mettait en avant la diversité pour représenter une France gagnante. Aujourd’hui, parce que cela peut payer d’attiser les préventions et les peurs, on préfère affirmer haut et fort que « toutes les civilisations ne se valent pas ».

Et bien, nous le savons, mes chers amis, ce n’est pas ainsi que l’on bâtira une France de la réussite. Car pour faire gagner la France, il faut d’abord rassembler les Français. Or depuis cinq ans, on n’a pas cessé de les diviser et de les opposer.

Ceux qui ont du travail contre ceux qui n’en ont pas. Et l’on montre du doigt les chômeurs réduits au rang d’assistés.

Ceux qui sont salariés du privé contre ceux qui appartiennent au service public. Et l’on dénonce les fonctionnaires dont on veut remettre en cause le statut.

Les actifs contre les retraités : et l’on tente de culpabiliser les seniors.

Les Français de souche contre les Français d’origine immigrée.

Et chaque jour, s’allonge un peu plus la liste, de ceux qui sont accusés d’être à l’origine des malheurs de la France.

C’est maintenant le tour des collectivités locales dont on convoque les représentants à l’Elysée. En 2008 on leur avait demandé d’investir pour contribuer à sortir la France de la crise, ils se trouvent, aujourd’hui, accusés de gabegie.

Et bien, puisque nous sommes ici à Lyon, permettez-moi de donner l’exemple de ma ville.

En 2001, quand je suis arrivé avec une liste de Gauche à la tête de cette Municipalité, la dette était de 430 M d’euros. Elle est aujourd’hui de 330 M là où dans le même temps, celle de l’Etat doublait, passant de 850 à 1700 milliards d’euros.

Qui dit que les collectivités locales gaspillent ?

En fait pour Nicolas Sarkozy, les responsables de la crise, les responsables de la dette, les responsables de la faillite de la France seraient partout. Et finalement, il n’en est qu’un qui n’aurait pas de compte à rendre : lui-même.

Qui peut penser cela ? Personne !

Et, oui, personne. Parce qu’on voit bien que nos difficultés d’aujourd’hui proviennent fondamentalement des erreurs politiques qui ont été commises hier.

Sur le plan économique, on a commencé le quinquennat en réduisant fortement les impôts des plus riches. Cela a entraîné l’accroissement des déficits et cela s’est terminé par une crise de la dette.

Sur le plan des politiques européennes, on a cru qu’il ne servait à rien de renforcer l’Europe politique et que tout devait se régler dans l’intergouvernemental. Mais là où Nicolas Sarkozy se voyait comme le chef d’orchestre, c’est aujourd’hui Angela Merckel qui tient la baguette.

Sur le plan de la sécurité publique même, qui constituait pourtant la marque de fabrique de Nicolas Sarkozy, on a cru que tout pouvait se résoudre par la répression quitte à y épuiser les forces de police. Mais faute de s’être attaqué aux vrais problèmes de fond que constituent la paupérisation et la ghettoïsation d’un certain nombre de nos quartiers, l’Etat assiste, impuissant, à l’augmentation et à la montée des violences urbaines.

Oui, partout, l’échec est flagrant. Mais cet échec, c’est l’échec d’une politique, c’est l’échec d’un homme. Pas celui d’un pays.

On a fourvoyé la France, il faut la redresser. Et c’est justement, parce que nous pensons qu’une autre voie, un autre chemin sont possibles que nous sommes, ce soir, si nombreux pour soutenir François Hollande.

Oui, une nouvelle voie, c’est celle que François Hollande a décrite dans son projet pour la France.

Il faudra d’abord redresser les comptes, sortir d’une dette qui aujourd’hui nous tire vers le bas, qui paralyse toutes nos politiques. Les Français lui savent gré de le dire, de refuser toute démagogie. Ils connaissent l’ampleur des difficultés, l’impact lourd de la crise. Ils savent donc qu’un effort sera nécessaire.

Mais ce qu’ils veulent c’est que cet effort soit justement réparti, que la plupart ne soient pas amenés à payer quand seuls quelques uns seraient exonérés.

Ce qu’ils veulent, en même temps, c’est qu’on ne s’enferme pas dans la rigueur. C’est pourquoi ils attendent que par delà l’assainissement des finances publiques, on puisse relancer l’activité, renouer avec les politiques de croissance.

C’est là, le cœur même de ce pacte productif autour duquel François Hollande invite les Français à se rassembler. Ce qu’il nous propose, c’est de sortir d’une économie dominée par la spéculation financière pour revenir à une économie productive centrée sur l’entreprise, sur nos entreprises, là où se crée l’emploi.

Ils sont nombreux celles et ceux qui peuvent se reconnaître dans cette volonté là.

Salariés qui ne veulent plus être la variable d’ajustement permettant de maximiser les profits.

Dirigeants de ces petites et moyennes entreprises [qui ont subi directement le contre coup de la crise financière], consternés de voir s’y engloutir des milliards et des milliards, quand eux peinent à trouver des crédits pour boucler la fin de mois ou financer un nouvel investissement.
Chers amis, il y a même les plus lucides des responsables de nos grands groupes qui pensent que la France se perd, que nos pays occidentaux se perdent dans une économie où la bourse, joue chaque jour l’avenir de leur entreprise à la nanoseconde quand eux même doivent engager, des projets qui demandent des années pour se développer et arriver à maturité.

Au cœur de ce pacte productif, il y a évidemment cette jeunesse dont nous faisons une priorité.

A une époque où tant de pays occidentaux sont en proie à une démographie vieillissante, oui notre jeunesse est une chance pour la France.

Elle est une chance pour la France, si la France sait, elle aussi donner une chance à sa jeunesse. C’est-à-dire l’accueillir dans une école qui se donne les moyens de la former, qui se donne les moyens de l’orienter. Car c’est un scandale que dans la période de crise où nous sommes, il y ait tant d’entreprises qui peinent à trouver des salariés qualifiés, quand dans le même temps, tant de jeunes se retrouvent sans emplois véritables, empilant les contrats précaires, les petits boulots, avec le sentiment du déclassement.

Oui mes chers amis, des défis importants nous attendent. Celui de la justice sociale qui est fondamentalement inscrite dans les gênes de la Gauche, qui constitue le cœur même de nos valeurs mais aussi le défi de la réussite économique.

Réussir sur le plan économique là où Nicolas Sarkozy a échoué, est-ce pour nous, mission impossible ?

Et bien, non ! Regardons les régions, les départements, les villes que nous gérons. Partout nos élus sont profondément engagés dans l’action économique, ici dans la lutte contre la désindustrialisation, là, dans le développement de ces pôles d’excellence où nait l’innovation.

Ce pacte productif, ce n’est pas une illusion, ce n’est pas une fausse promesse, que porterait François Hollande. Il est déjà à l’œuvre dans nos territoires !

Mais pour prendre toute sa mesure, il doit aujourd’hui trouver une pleine concordance au niveau de l’État.

Demain, c’est dans des relations renouvelées entre l’État central et nos collectivités locales, que nous apporterons un nouvel élan à notre pays. Oui, nous renouerons demain avec ce grand souffle de la décentralisation qu’avait su faire lever François Mitterrand, Pierre Mauroy et Gaston Defferre.

Car c’est, en prenant pleinement en compte la diversité de nos territoires, qu’on stimulera l’économie, qu’on développera la recherche, que l’on résoudra le problème du logement, que l’on mettra fin finalement à des inégalités qui ont, de plus en plus un caractère spatial.

Mes chers amis, il n’est pas de défis que nous ne puissions relever : défi économique, défi social, défi de l’innovation, défi de la création et de la culture, meilleur équilibre de nos villes et de nos campagnes.


Mes chers amis, il n’est aucune fatalité au déclin de la France.
Ensemble, nous allons la faire repartir de l’avant !
Avec François Hollande
Le changement, c’est maintenant !
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